PREMIÈRES ASSISES DES RÉSEAUX PROFESSIONNELS FÉMININS ET MIXTES DES SECTEURS PRIVÉS ET PUBLICS

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« Renoncer à l’égale participation des femmes et des hommes, cest renoncer à lintelligence, à lexpérience et aux connaissances de la moitié de lhumanité. La rendre possible, cest la clef de la stabilité. Cest favoriser la prévention des conflits et ouvrir la voie au développement durable et inclusif. L’égalité des genres est la condition sine qua non dun monde meilleur. »

Nathalie PILHES, Présidente de 2GAP

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Table-ronde n°1
Partager le pouvoir pour une société juste et performante

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Membres des secteurs privé et public du bureau de 2GAP pendant la matinée des Assises
des réseaux professionnels féminins et mixtes

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Cette première table-ronde a été l’occasion de discuter de l’impact de la gouvernance partagée sur la société. Ainsi, Béatrice KOSOWSKI alors Présidente dIBM France nous a apporté.es quelques éclaircissements sur la place des femmes dans le secteur du numérique tout en établissant un état des lieux de la situation chez IBM.

Plusieurs points sont à retenir :

  • Le secteur du numérique est créateur d’emplois et présente de nombreuses opportunités. 230 000 emplois entre 2017 et 2027 avec un problème de talents et un manque de femmes. Celles-ci ne représentent que 27% du secteur.
  • La proportion de femmes est plus faible dans les secteurs techniques (entre 11% et 16%) contre 35% pour l’intelligence artificielle. 
  • Chez IBM : 40% de femmes ingénieures. Cependant le recrutement est difficile car les femmes ne représentent que 28% des étudiants en écoles dingénieurs
  • A l’inverse, 50% de femmes dans les formations de type négociations et digitalisation de la relation client.
  • Présence d’un CODEX à parité chez IBM
  • A la question visant à savoir en quoi la mixité est un atout pour la performance économique, Béatrice KOSOWSKI explique qu’il y a 15% de performances financières supérieures et jusqu’à 35% quand on est vraiment dans la diversité sous toutes ses formes, en particulier sur le plan culturel. 19% sur linnovation pour les sociétés qui sont très ouvertes aux personnes des communautés LGBTQIA+.

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Durant ce temps de parole, la question de l’impact d’une gouvernance plus partagée qu’avant sur la qualité des décisions qui peuvent être prises dans le domaine de la mobilité a été abordée. Noémie BERCOFF, Directrice Général Adjointe d’Egis Conseil et membre de Femmes en Mouvement et du Réseau de 2GAP a été interrogée sur la question. 

Retour sur les différents points clés à retenir :

  • La prise de décision est liée au conscient et à l’inconscient, il y a donc une grande importance du vécu. Ainsi dans le cadre de l’aménagement urbain, les femmes ne vivent pas les mêmes choses donc elles ne prennent pas les mêmes décisions.

On note ainsi qu’en terme de sentiment d’insécurité dans les transports publics :

  • La proportion de femmes piétonnes chute de 9 points entre le jour et la nuit. On passe de 53% le jour à 44% la nuit. 
  • Femmes circulant seules : chute de 27 points avec 9% la nuit contre 37% le jour. 
  • 3,5% des femmes refusent de prendre le RER parce qu’elles déclarent y avoir peur.
  • 36% de femmes ont peur d’être seules dans leur quartier le soir contre 9% des hommes.

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« Aujourdhui, les femmes vivent une réalité différente, cest-à-dire quelles ont plus peur dans les parkings par exemple. Cest prouvé et ce nest pas parce quelles sont biologiquement plus peureuses. Cest parce que, factuellement et en réalité, elles se font plus agresser dans les parkings. »

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Les femmes se déplacent différemment :

  • 75% des accompagnements des enfants et personnes âgées sont réalisés par des femmes.
  • Elles prennent moins souvent la voiture. La mobilité féminine est en règle générale plus écologique que la mobilité masculine : Dans les transports d’Île-de-France, cest 55% de femmes contre 45% dhommes. Et si on va vers la deuxième couronne en Île-de-France, 65% contre 35%.

Illustration concrète et retours d’expérience :

  • À Montréal : Projet tandem mis en place initialement pour réduire le nombre de cambriolages dans les années 90 avec la création du Comité d’action féminin de sécurité urbaine et la mise en place d’ateliers de réflexions sur l’amélioration du sentiment de sécurité des femmes dans l’espace public urbain et les transports : Possibilité de descendre entre chaque arrêt, meilleur éclairage des souterrains.
  • À Vienne : Projet visant à améliorer l’accessibilité piétonne et la sécurité routière dans 23 quartiers dans la capitale autrichienne. Mise en place d’ateliers participatifs qui ont conduit à des aménagements de parc pour favoriser un espace non genré (avant: usage sportif en milieu de parcelle utilisé par public plutôt masculin)

Mais comment faire participer les femmes à la décision, pour que la prise en compte du ressenti des femmes se transforme en quelque chose de plus statutaire ? 

→ Par la féminisation de la profession.

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Lors de sa prise de parole Hervé GUEZ: Directeur de linvestissement de Mirova et membre du 30% Club Investor Group a tenu à préciser que Mirova avait créé il y a 3 ans un fonds dinvestissement dont l’un des critères d’investissement était la féminisation des instances dirigeantes. 

Se poser des questions sur ce que doit être l’investissement responsable: environ une centaine de fonds sur le critère écologique mais pas plus de 5 fonds sur des critères de féminisation des instances dirigeantes.

QUELS SONT LES FREINS À LA PARTICIPATION DES FEMMES AUX DÉCISIONS?

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La Préfète à l’Egalité des chances en Seine-et-Marne, Nadège BAPTISTA évoque l’existence de plusieurs freins dans la fonction publique : 

« Dans larmée on a coutume de dire une femme est un homme comme les autres. On pourrait imaginer renverser les choses pour dire quun homme est une femme comme les autres mais cela ne se dit pas. » 

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Différents enjeux dans la fonction publique :

  • Orientation : rendre l’accès possible, faire en sorte que le plafond de verre ne s’exerce pas dès le plus jeune âge.
  • Pérenniser les femmes dans leurs situations : En effet, on note l’absence de femmes dans les postes à responsabilité avec un déni de la part d’une partie des hommes. De même, il faut sinterroger sur la détermination du pourcentage relatif au quotas. Les objectifs ne sont jamais fait pour être atteints et que cela rend encore plus questionnable le pourcentage choisi. Comprendre également la différence entre une approche dure de l’égalité des chances et une approche plus portée sur l’accompagnement. Et valoriser les savoirs être féminins.

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COMMENT CONSTRUIRE DANS LA DURÉE UNE « CULTURE DE L’ÉGALITÉ DE LA DÉCISION »?

Pour  Béatrice KOSOWSKI :

« Si on ne travaille que sur la parité, nous n’aurons pas les progrès quon attend. Cest pourquoi nous travaillons sur tous les sujets.”

Pour Noémie BERCOFF il faut :

  • Rendre plus divers les schémas de réussite et les schémas d’escaliers montants 
  • Intervenir dès le plus jeune âge et tout au long de la carrière. Toutes les femmes et tous les hommes devraient être mentors;
  • Chercher la sororité. Pour avoir de l’impact dans la durée de manière pérenne, elle est fondamentale et il faut absolument qu’on la crée. En faisant du réseau, être dans des associations.
  • S’inspirer de leaders que l’on admire de manière non genrée.

Pour Nadège BAPTISTA il y a :

  • Une importance des quotas: Il faut persévérer car ils permettent d’infléchir les regards de recruteurs, ils sont obligés de regarder à côté.

> RETROUVEZ LA DEUXIÈME TABLE-RONDE ICI <

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