PREMIERES ASSISES DES RESEAUX PROFESSIONNELS FEMININS ET MIXTES

Débats des Assises

Table-ronde n°2

Quelles solutions et conditions de succès pour une gouvernance partagée ?

Les excuses sont une perte de chance pour les femmes, pour les entreprises et pour notre économie”. 

– Marie-Pierre RIXAIN

Notre seconde table-ronde a été l’occasion de réfléchir aux solution et conditions de succès dans le but de voir émerger une gouvernance partagée. Marie Pierre RIXAIN, présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’Égalité des chances entre les femmes et les hommes à l’AN a ainsi pris la parole mettant en lumière l’importance du lien entre la mixité et la souveraineté économique. 

« Nous allons devoir pérenniser notre souveraineté économique, technologique et en matière d’éducation. Je ne vois pas comment on pourrait l’imaginer sans concevoir la place des femmes dans ces secteurs. Non seulement parce que la pluralité des points de vue apporte de la croissance, mais cest aussi une ressource de talent inestimable. »

– Marie-Pierre RIXAIN

A cela la présidente du Conseil d’Administration de Legrand, Angeles GARCIA POVEDA a répondu qu’elle préférait une gouvernance équilibrée non partagée (partager l’espace et la place). La gouvernance mixte n’est pas seulement juste, elle est aussi meilleure. Il ne s’agit pas de cohabiter dans un espace mais de construire des solutions différentes. Elle remarque ainsi, à propos des femmes dirigeantes du CAC 40 que dès qu’on arrive à compter la présence des femmes sur nos mains il y a un problème. Quelles sont nos solutions ? Pour notre intervenante si on laissait faire la nature, on  arriverait à la parité dans 50 ans. Il ne faut pas nécessairement mettre en place des quotas mais un processus RH “best women for the job” qui mêlerait des promotions internes, une identification en amont de la part des managers pour repérer des candidats des deux genres. Mais il faut bien comprendre que la démarche vers la mixité ne se fera pas sans les hommes.

Anne-Sophie PANSERI, Directrice Générale de Maviflex et vice-présidente de 2GAP insiste sur le fait que dans les PME il n’y a pas de vivier, pas de quotas, uniquement la volonté des dirigeants. A titre d’exemple elle explique que lorsqu’elle a repris les rennes de l’entreprise, elle a découvert les réseaux féminins (FCE) et a pris conscience de son rôle en tant que cheffe d’entreprise. Elle s’est également rendu compte que 80% des hommes demandaient des aménagements de temps de travail, un congé parental. De même, elle évoque la nécessité d’utiliser l’écriture inclusive, dans les offres d’emploi et d’insister sur les valeurs sur l’égalité qui doivent pousser les femmes a postuler. Notre devoir est également de porter les jeunes, cest notre rôle en tant que chef dentreprise de les sensibiliser dès le stage de 3e. 

Par la suite, Gwenola MARTIN, Directrice du Développement Emplois, Rémunérations, Compétences et Egalité Professionnelle à la DRH de la Caisse des Dépôts, nous a donné les  ingrédients nécessaires à une gouvernance partagée : 

1/ Faire de la mixité un sujet du dialogue social, 

2/ Travailler main dans la main avec lemployeur, 

3/ Engagement au plus haut niveau : aujourd’hui on note qu’il y a 43% de femmes cadres de direction contre 33% il y a 10 ans.

Au sujet de la Gouvernance et de la mixité des métiers, Thomas COURTOIS, président de Nickel a souhaité évoquer comment on peut arriver à une gouvernance partagée grâce au sponsoring. Il note ainsi que 40% des clients de l’entreprise Nickel sont des femmes. Cependant, l’entreprise a été crée par 4 hommes comme beaucoup de start-up. Néanmoins les 4 hommes étaient convaincus que la diversité était une richesse pour les entreprises. Aujourd’hui le Comité de direction compte 5 femmes et 6 hommes. Cela s’est fait de manière naturelle et volontaire.

« Quand on a nommé une femmes dans le comité de direction, on ne sest jamais dit que c’était parce que cest une femme. La compétence et la qualité des personnes nommées na jamais suscité le moindre débat. »

Il note qu’il peut y avoir des résistances de la part des personnes elle-même. Même si on les a préparées pendant plusieurs mois, lorsqu’on leur a proposé le poste, leur premier réflexe a été de dire non. Il ne faut pas sarrêter au premier refus mais se demander pourquoi une personne quon a préparée décide au dernier moment de sarrêter devant lobstacle. Elles ont fini par accepter et s’épanouissent pleinement dans leur travail. 

Cette dernière table-ronde s’est achevée sur des échanges entre Elisabeth MORENO et les réseaux de 2GAP.

« On a parfois limpression de quémander, alors que ça devrait juste être normal » 

– Elisabeth MORENO

La ministre a ainsi souligné le fait qu’il ne fallait pas se laisser aller au paradoxe de Tocqueville, les inégalités sont en effet tellement injustes que lon ne supporte plus aucune aide. Elle comprend  ainsi que la loi Rixain n’aille pas suffisamment loin mais il ne faut pas que l’on oublie d’où l’on vient lorsque nous étions à la fois « mal reconnus, mal valorisés, mal payés »

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que « Les entreprises qui seront les plus performantes et efficaces sont les entreprises qui demain embaucheront des femmes ». Mais la loi ne peut pas tout, il faut une mobilisation de l’ensemble des femmes, une prise d’initiative. Il est appréciable de voir que nous n’avons jamais autant parlé d’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères privées et publiques. Mais il faut tout de même que le secteur public montre l’exemple, on ne peut pas donner de leçon si nous ne sommes pas exemplaires. Enfin, il est nécessaire d’encourager la visibilité des femmes dans les médias et de développer les outils mis en place pendant le quinquennat pour la promotion des femmes dans les médias.

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